Le 13 août 2026, Suno a publié Studio 2.0. On peut désormais y importer, enregistrer et éditer du MIDI sur la timeline, et se servir d'un clip MIDI comme point de départ d'une génération. Pour qui écrit des chansons, ce n'est pas un détail d'interface : c'est un changement de matière première.
Jusqu'ici, pour donner une direction à un générateur, il fallait lui parler — un texte, un genre, une ambiance — ou lui donner un extrait sonore. Aujourd'hui, on peut lui donner la musique elle-même, sous sa forme la plus nue : des notes, des durées, des nuances, un tempo.
Et si vous composez, vous avez déjà ce matériau. Il s'appelle votre maquette. Une voix et une guitare sur un téléphone. Un bœuf capté en répétition. Une piste piano posée un soir dans votre séquenceur. C'est brut, c'est imparfait, et c'est votre musique — celle dont vous détenez tous les droits, celle que vous cherchez à faire grandir.
La question devient : sous quelle forme la donner à l'outil ? Il y a deux façons, et elles ne produisent pas le même résultat.
Un enregistrement ne contient pas que votre chanson. Il contient aussi la pièce où vous l'avez enregistré, le timbre exact de votre guitare, le souffle du préampli, la réverbération des murs, un tempo qui respire et qui flotte, et cette prise où vous avez hésité sur la troisième mesure. Une IA générative imite ce qu'on lui montre. Elle ne sait pas distinguer ce que vous vouliez de ce qui était là par accident.
Un fichier MIDI ne contient aucun son. Il contient une description : quelle note, à quel instant, pendant combien de temps, jouée avec quelle force, sur quel instrument. Pas de pièce, pas de micro, pas de souffle. C'est de l'information pure : l'outil n'a plus à deviner ce qui compte dans ce que vous lui donnez, vous le lui dites.
Et depuis Studio 2.0, il n'y a même plus de rendu intermédiaire. Vous n'exportez plus un extrait audio propre en espérant que le message passe : vous déposez le fichier.
Ce que vous transmettez, dans les deux cas
À gauche, l'outil doit deviner ce qui compte. À droite, vous le lui dites.
C'est vrai, et c'est utile. L'outil s'appuie sur sa propre séparation de sources et sa propre détection de hauteur pour tirer du MIDI d'un enregistrement.
Il faut simplement savoir ce que c'est : de la reconnaissance automatique. Relever une musique polyphonique à la machine est l'un des problèmes les plus difficiles du traitement audio, et personne ne l'a résolu. Les producteurs qui ont essayé la fonction décrivent des ébauches : accords incomplets, timing décalé, notes replacées sur la grille, d'où ce rendu un peu mécanique. La sortie est un piano-roll : des notes, un timing, des vélocités. Ni accords nommés, ni paroles, ni partition.
Pour dégrossir une idée, c'est très bien. Le conseil que donnent les utilisateurs eux-mêmes est d'ailleurs de traiter tout résultat automatique comme un brouillon de transcription, à comparer à la source avant d'en faire quoi que ce soit. Mais si votre maquette est votre matériau — si c'est votre chanson, celle que vous voulez voir aboutir — un brouillon ne suffit pas. Ce qui entre décide de ce qui sort.
Voici le point le plus important de cette page, et il va à l'encontre de ce qu'on croit spontanément. Suno n'a pas besoin de toute votre chanson. Il lui faut une intention musicale claire, et une seule piste porte souvent tout ce qui compte :
Une piste isolée donne un signal net. Une maquette complète donne un signal mélangé, où l'outil doit arbitrer seul entre ce qui est essentiel et ce qui est décoratif.
Donner une piste, pas la maquette entière
Une seule piste suffit à porter l'intention — et limite ce que vous cédez.
Et il y a une seconde raison, plus sérieuse, de ne donner qu'une piste.
En déposant un fichier chez Suno, vous lui accordez sur ce fichier une licence mondiale, sous-licenciable, cessible, gratuite, perpétuelle et irrévocable — qui inclut explicitement l'entraînement et l'amélioration de leurs modèles. Ce n'est pas une clause exotique : c'est le fonctionnement normal de la plateforme, et il n'existe aucune option de retrait, à aucun niveau d'abonnement. Être abonné payant change la propriété de ce qui sort, pas les droits sur ce qui entre.
Ce n'est pas une raison de renoncer. C'est une raison de choisir ce qu'on dépose. Confier la grille d'accords convertie de votre chanson n'est pas la même chose que confier la maquette entière, avec sa mélodie et son texte.
Voix-guitare, piano-voix, captation de répétition, mémo vocal, lien vers un fichier en ligne — peu importe la qualité de la prise.
Nous la relevons à la main et vous la rendons en MIDI multipiste : un instrument par piste, prêt à être ouvert dans n'importe quel séquenceur, et prêt à être découpé.
Sont inclus, sans supplément : le fichier MIDI par piste, les formats GM-0, XG et GS, la batterie séparée instrument par instrument, l'audio WAV, AIFF ou MP3, et la partition PDF.
Une précision utile sur le tarif : le relevé d'une maquette personnelle est facturé un peu plus qu'un titre du commerce. Ce n'est pas une pénalité, c'est la réalité du travail — quand il n'existe aucun enregistrement de référence, tout se relève à l'oreille, sans arrangement publié pour trancher un doute, souvent depuis une prise imparfaite. C'est précisément ce que vous venez chercher.
Vous l'avez exportée de votre séquenceur, et elle est utilisable — mais pas encore prête.
Nous la nettoyons et la préparons : découpe en un fichier par piste, isolement ou coupure d'une piste précise, fin nette sans fondu, choix des instruments, transposition, conversion en GM-0, XG, GS ou en audio.
Nous ne donnons pas de conseil juridique, et ces conditions peuvent changer. Voici seulement ce qu'elles disaient à la date de rédaction de cette page, avec le lien pour les vérifier vous-même.
| Cas | Ce que disent les conditions |
|---|---|
| Abonné Pro ou Premier | Suno vous cède ses droits sur ce qui est généré à partir de vos dépôts. Ces droits d'exploitation commerciale restent acquis même si vous résiliez. |
| Compte gratuit | Usage personnel et non commercial uniquement, avec mention de Suno. |
| Ce que vous déposez | Licence perpétuelle et irrévocable accordée à Suno, entraînement des modèles inclus. Aucun retrait possible. |
| Ce qui en sort | Suno ne garantit pas qu'un droit d'auteur naisse sur le résultat, ni qu'il soit unique, ni qu'il n'empiète sur les droits d'un tiers. |
| Ce que vous garantissez | Que vous détenez bien les droits sur tout ce que vous déposez. |
Conditions relevées le 16 août 2026. Les lire chez Suno.
Première conséquence : si vous comptez exploiter ce que vous produisez, l'abonnement payant n'est pas une commodité, c'est la condition. Et de toute façon, l'import de MIDI dans Studio est réservé au palier Premier.
Seconde conséquence : ne déposez que ce qui vous appartient. C'est votre engagement envers Suno, et il est écrit noir sur blanc.
Regardez la chaîne dans son ensemble. Au départ, votre composition — protégée, la vôtre, sans ambiguïté. À l'arrivée, un fichier généré dont la plateforme elle-même vous prévient qu'aucun droit d'auteur n'y naît nécessairement, et qu'un autre utilisateur pourrait obtenir quelque chose de très proche.
Entre les deux, la transcription. Un travail humain, daté, livré sous une forme lisible et vérifiable, qui décrit exactement votre musique : ses notes, sa structure, ses instruments.
Votre composition
la vôtre, sans ambiguïté
La transcription
humaine, datée, vérifiable
La génération
cédée, mais sans garantie
C'est la pièce de la chaîne qui ne dépend d'aucune plateforme, qui ne s'évapore pas si un service ferme, et que vous pouvez rouvrir dans dix ans dans n'importe quel logiciel.
Nous avons 75 000 morceaux relevés, et 475 586 pistes analysées une par une — instrument, canal, nombre de notes. C'est une matière d'étude remarquable : ouvrir un standard pour comprendre comment sa basse et sa batterie se répondent, voir comment une progression est voicée, mesurer ce qui fait tenir un arrangement.
Mais soyons clairs, parce que c'est important pour vous : ces fichiers sont nos relevés d'œuvres qui appartiennent à leurs auteurs. Les déposer chez un générateur vous mettrait en contradiction avec l'engagement que vous prenez envers lui — celui de ne soumettre que ce dont vous détenez les droits.
Notre catalogue est là pour être écouté, joué et étudié. Ce que vous donnez à une IA, ce doit être votre musique à vous. C'est aussi pour ça que cette page parle de maquettes.
Oui, depuis Studio 2.0, publié le 13 août 2026. On peut y importer, enregistrer et éditer du MIDI sur la timeline, et se servir d'un clip MIDI comme point de départ d'une génération. La fonction est réservée aux abonnés Premier.
Parce que c'est de la reconnaissance automatique, et que relever une musique polyphonique à la machine reste un problème non résolu. Le résultat est décrit par ses utilisateurs comme une ébauche : accords incomplets, timing décalé, rendu mécanique. Très bien pour dégrossir. Insuffisant quand la maquette est le matériau que vous voulez faire aboutir.
Non, et c'est même déconseillé. Une seule piste — la grille d'accords, la basse, la mélodie ou le motif rythmique — donne un signal plus net. Et comme tout fichier déposé chez Suno lui est concédé de façon perpétuelle, mieux vaut ne confier que ce qui est nécessaire. C'est pourquoi nous livrons un fichier MIDI par piste sans supplément.
Votre composition reste la vôtre : la convertir en MIDI ne change rien à vos droits d'auteur. En revanche, le fichier que vous déposez chez un générateur lui est concédé de façon large et définitive. Et ce que l'IA vous renvoie vous est cédé si vous êtes abonné payant, mais sans garantie qu'un droit d'auteur y naisse.
Cela dépend de la durée et de la complexité du morceau, et de notre charge du moment. Le délai est indiqué au moment de la commande, et une option de traitement prioritaire est disponible.