Une sortie de générateur n’a pas d’auteur. Ce que vous en faites ensuite, si. Voici où passe la ligne, ce que vous cédez en déposant un fichier, et ce qu’il faut garder pour pouvoir le démontrer.
C’est la règle de fond, et elle est étonnamment stable des deux côtés de l’Atlantique. Aux États-Unis, l’office du droit d’auteur maintient qu’une œuvre doit être créée par un être humain pour être protégée : une production purement générée, sans apport créatif humain, ne peut pas être enregistrée. En Europe, on arrive au même endroit par un autre chemin : une œuvre est protégée si elle est originale, c’est-à-dire si elle porte l’empreinte de la personnalité de son auteur. Une machine n’a pas de personnalité à imprimer.
La conséquence est brutale et rarement dite : le morceau que le générateur vous a rendu, tel quel, n’appartient à personne. Ni à vous, ni à la plateforme. Rien n’empêche un autre utilisateur d’obtenir quelque chose de très proche, et vous n’aurez pas grand-chose à opposer.
Ce n’est pas une raison de renoncer à ces outils. C’est une raison de ne pas s’arrêter à leur sortie.
Dès que vous intervenez par des choix créatifs, quelque chose de protégeable apparaît. Pas le morceau entier : vos choix.
Trois couches, un seul morceau
Sortie brute du générateur
Pas d’auteur humain. Non protégeable, et refusée par une partie des distributeurs.
Votre écriture
Structure, harmonie, arrangement, texte. Vos choix : protégeables.
Votre enregistrement
Joué, chanté, produit. Protégé comme interprétation et comme master.
Plus le morceau final doit aux deux couches du haut et moins il doit à la première, plus votre position est solide — juridiquement comme à la distribution.
Le fichier MIDI est ce qui rend ces couches possibles. Sur un audio, vous ne pouvez rien réécrire : vous ne pouvez qu’ajouter par-dessus. Sur un MIDI, la matière est ouverte, et chaque modification que vous y faites est une décision qui vous appartient.
L’autre moitié du sujet est moins connue, et elle se joue à l’entrée, pas à la sortie.
Déposer un fichier chez un générateur, c’est en général lui accorder sur ce fichier une licence très large : mondiale, gratuite, cessible, sous-licenciable, souvent perpétuelle et irrévocable, entraînement des modèles compris. Chez Suno, à la date de cette page, il n’existe aucune option de retrait, à aucun niveau d’abonnement. Payer change les droits sur ce qui sort, pas sur ce qui entre.
D’où une règle simple, qui n’a rien de juridique : ne déposez que ce qui est nécessaire. Confier la grille d’accords de votre chanson n’est pas la même chose que confier la maquette entière, avec sa mélodie et son texte. La première suffit le plus souvent à obtenir ce que vous cherchez.
Si un jour la question se pose — un litige, un contrôle de distributeur, une déclaration à une société de gestion — ce n’est pas votre bonne foi qui comptera, c’est ce que vous pourrez montrer.
Gardez donc, datés et rangés : la sortie brute d’origine, le relevé MIDI et sa facture, la partition, vos versions successives dans le séquenceur, vos enregistrements de voix et d’instruments, et les échanges avec vos musiciens. L’ensemble raconte une chronologie, et une chronologie est ce qui se démontre le mieux.
Notre livraison a ici un intérêt secondaire mais réel : c’est une prestation humaine, datée, facturée, et le fichier livré est lisible — on peut l’ouvrir et comparer. C’est une pièce du dossier, pas seulement un outil de travail.
Rien de ce qui précède ne dispense de la déclaration. Si une IA est intervenue, la plupart des plateformes demandent qu’on le dise, et un standard commun s’est imposé pour cela : le DDEX, dont la mention apparaît dans les crédits.
Le détail des règles par distributeur et par plateforme d’écoute est traité dans l’article consacré à la distribution.
Nous avons plus de 75 000 morceaux relevés, et 475 586 pistes analysées une par une. C’est une matière d’étude remarquable : ouvrir un standard pour comprendre comment sa basse et sa batterie se répondent, voir comment une progression est voicée.
Mais soyons clairs, parce que c’est important pour vous : ces fichiers sont nos relevés d’œuvres qui appartiennent à leurs auteurs. Les déposer chez un générateur vous mettrait en contradiction avec l’engagement que vous prenez envers lui — celui de ne soumettre que ce dont vous détenez les droits.
Notre catalogue est là pour être écouté, joué et étudié. Ce que vous donnez à une IA, ce doit être votre musique à vous.
Pas au sens du droit d’auteur. Une production sans apport créatif humain n’a pas d’auteur et n’est donc pas protégeable, aux États-Unis comme en Europe. Un abonnement payant peut vous céder les droits d’exploitation que la plateforme détient contractuellement, mais cela ne crée pas un droit d’auteur là où il n’y en a pas.
Vos apports créatifs sont protégeables en tant que tels : la structure, l’harmonie, l’arrangement, le texte, l’interprétation. La protection porte sur ce que vous avez apporté, pas rétroactivement sur la sortie d’origine. C’est pourquoi plus votre travail est substantiel, plus votre position est nette.
Notre relevé vous est livré pour votre usage. Ce qu’il décrit reste l’œuvre sous-jacente : si celle-ci est la vôtre, tout est simple. S’il s’agit d’une œuvre d’un tiers, le relevé ne vous en donne aucun droit — ni pour la distribuer, ni pour la déposer chez un générateur.
Oui, si elle est intervenue dans le morceau. Les plateformes demandent la déclaration de l’usage, pas une évaluation de son importance, et le standard DDEX permet de préciser à quel endroit l’IA est intervenue. Déclarer n’entraîne pas de déclassement chez Spotify ; ne pas déclarer expose au retrait.
La sortie d’origine, le relevé MIDI et sa facture, la partition, vos versions successives de séquenceur, vos enregistrements et vos échanges avec les musiciens — le tout daté. Ce qui convainc, c’est une chronologie cohérente, pas une déclaration.
Cette page n’est pas un conseil juridique et ne remplace pas l’avis d’un professionnel. Elle décrit un état des règles au 20 août 2026, dans un domaine où elles évoluent vite et diffèrent d’un pays à l’autre.